Grande Guerre et immigration : nouvelles archives familiales
En ce 11 novembre 2025, jour du 107e anniversaire de l'Armistice de 1918, l'arbre généalogique s'enrichit de nouveaux documents historiques qui résonnent particulièrement avec cette date commémorative.
Branche Feintuch : nouveaux documents migratoires
Découverte d'une admission à domicile pour Szabsa Feintuch.
Alors que nous avions déjà le décret de naturalisation de la famille Feintuch, en 1899, ce nouveau document vient compléter notre connaissance de leur parcours migratoire.
Cet acte permettait aux étrangers d'établir leur domicile en France et d'y jouir des droits civils pendant cinq ans, à condition d'y résider. Szabsa Feintuch, accompagné de sa famille, obtint ainsi un statut légal de résident en 1895. Il s'agissait d'une étape préalable à la naturalisation.
Un détail intriguant : la date de naissance de Szabsa varie d'un décret à l'autre (17 avril sur l'un, 20 décembre sur l'autre). Ce genre d'écart est fréquent lors de la transcription des documents étrangers, en raison des différences de langues, d'alphabets, de calendriers, et de la lisibilité relative des documents manuscrits.
Le décret de naturalisation de 1899 révélait d'ailleurs déjà une autre singularité historique. Les dates de naissance des enfants Feintuch affichent une double datation, comme "3-15 avril 1881" pour Aniela Feintuch. Cette pratique administrative reflète la complexité géopolitique du royaume de Pologne lors de la tutelle russe de 1815-1918. Bien que le calendrier grégorien y fût en usage depuis 1582, l'annexion par la Russie tsariste imposait la coexistence avec le calendrier julien, encore privilégié par l'orthodoxie russe, jusqu'à la révolution bolchevique. Les autorités françaises transcrivaient donc fidèlement cette double datation des documents d'origine.
Branche Petit : nouvelle fiche matricule militaire
Découverte de nouveaux documents militaires pour Alfred Petit.
Incorporé en 1909 au 73e régiment d'infanterie de Béthune, Alfred vit un destin représentatif de sa génération. À quelques jours de ses 26 ans, il participe aux premiers combats de la Première Guerre mondiale. Il est fait prisonnier par l'armée allemande lors de la bataille de Dinant et passe quatre années au camp de Münster.
Sa libération, après l'armistice du 11 novembre 1918 – il y a exactement 107 ans aujourd'hui –, ne marque pas la fin de ses obligations : affecté aux mines de Bruay, il n'est démobilisé qu'en 1920. Ses obligations militaires prennent officiellement fin en 1937, le jour de ses 49 ans, soit 28 ans après son incorporation.
Branche Kahn : service territorial et effort de guerre
Découverte du dossier militaire d'Edmond Kahn, qui révèle un parcours de guerre différent mais tout aussi représentatif de l'époque.
Chasseur au 4e bataillon de chasseurs à pied dès 1895, Edmond passe dans l'armée territoriale en 1908, à 34 ans. Cette formation se charge de la défense du territoire. En 1912, il accomplit une nouvelle période d'exercices au 38e Régiment territorial d'infanterie, basé à Orléans et Montargis.
Lorsque la mobilisation générale est décrétée en août 1914, Edmond, âgé de 40 ans, est rappelé sous les drapeaux. Le 9 août, il rejoint son régiment du Loiret qui assure des missions stratégiques : garde de voies ferrées, de dépôts et de communications entre Orléans, Montargis et la Champagne. Il participe à la campagne contre l'Allemagne du 3 août 1914 au 6 mars 1915, date de sa réforme pour sciatique chronique.
Edmond est affecté en service auxiliaire à la Compagnie Européenne des Métaux à Paris, contribuant ainsi à l'effort de guerre industriel jusqu'à sa libération du service militaire en 1922, soit quatre années après l'Armistice.
